De l’importance de choisir son réseau social : décentralisé, libre et éthique au passage

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Aujourd’hui, on voit apparaitre des alternatives concluantes aux réseaux sociaux classiques bien trop intrusifs dans nos vies.
Avant de les présenter, je vais faire un rapide retour sur mon expérience des réseaux sociaux à leur début (je zappe volontairement myspace et co qui sont trop vieux désormais et oublié de tous).

Facebook et la révolution des rézosocio

Avant, il y avait Myspace et c’était cool, on écoutait de la musique, parlait peu et donc c’était discret. Et puis, il y a eu Facebook.
Soyons honnête, Quand Facebook est apparu en France, je n’ai que trop conseillé à mes amis de s’y rendre. Le coté d’échange, agenda, blog, partage de photo, tout y était ! Et c’était génial !
A ce moment là, honnêtement, j’étais un peu à la ramasse en terme de recul sur de tels outils. J’avais un iPhone, je revenais de mes premiers voyages au Japon, pays de la technologie et j’étais tout fier de ce que la technologie pouvait nous apporter. Je ne voyais QUE les bons cotés. J’ai toujours aimé la technologie mais je ne m’en servais que pour « m’amuser ». Sans recul éducatif sur la techno j’étais insouciant et inconscient.
Oh j’y voyais quand même quelques mauvais cotés. Le fait de poster des choses et d’être déçu de ne pas avoir de « j’aime » par exemple. Bizarre cette sensation =/
J’avais un compte Facebook avec plus de 800 amis et beaucoup d’interaction avec eux. La classe comme on dit. Insoucieux que j’étais…
Et puis… Le diable se cache dans les détails comme on dit.

Plus dur sera la chute

Et puis je me suis intéressé à la sécurité informatique, le BigData et ensuite à la surveillance de masse. Idem concernant la politique, j’ai commencé à sérieusement m’intéresser de ce que les politiques racontaient sur le sujet. La mise en place d’Hadopi a certainement été un déclencheur de réflexion. Le but, je le comprenais : La lutte contre le téléchargement illicite.
Toutefois, je voyais quelque chose d’autre se dessiner en parallèle et je n’étais apparemment pas le seul… Un début de flicage numérique.
Au delà des franches rigolades en écoutant des politiques parler de numérique (on se souvient de Mme Albanel parler de Openoffice comme étant un pare feu ou d’autres politiciens complètement perdus en essayant d’expliquer ce qu’est le P2P), on pouvaient voir le désir de quelques politiciens de mettre les français sous surveillance.
Un flicage massif, purement, et simplement.
C’est assez logique si on y réfléchi. Le politicien a toujours pu diffuser sa pensée unique sur les médias traditionnels. Média qui lui est facile de contrôler. En ce qui concerne internet… Ce n’est plus la même histoire…
A force de me renseigner sur la surveillance de masse et ses fonctionnements diverses, j’ai carrément eu l’impression d’avoir été un trou du cul à la ramasse, un mouton pendant des années. Bref, l’électrochoc.

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Le Big Data et la surveillance permettent de me connaitre et me profiler, la censure permettra d’orienter mon esprit critique à prendre tel ou telle courant de pensée.
Le coté des réseaux sociaux « regardez moi, ma vie est super géniale » est devenu gênant. J’en suis même venu à haïr le concept…
Filtre, analyse, publicité ciblé, profilage, tout ça lié à la surveillance de masse et la censure font une magnifique recette pour qui tient les rênes.
golden-boy-punchMême sans aller sur facebook, je retrouve le fameux bouton « partager » sur les 3/4 des sites. Sans anti trackeur, facebook sait donc où je vais, à quelle heure etc. Je ne suis pas tombé dans la parano, mais franchement, vous voulez pas me foutre la paix 2 minutes facebook ? Twitter aussi d’ailleurs. Et je ne parle même pas des applications mobiles…
Si un ami à moi possède l’application facebook ainsi que mon numéro de téléphone, facebook possède donc mon numéro. Sans mon accord. Magnifique n’est-il pas ?
J’ai eu envie de partir de ces réseaux un nombre incalculable de fois seulement voilà. Que faire une fois parti ? Ne vais-je pas me retrouver seul ? Cette peur du « bein alors on ne te voit plus ? T’es pas au courant qu’il y avait une soirée chez Maurice ? » me hantait quelque peu. Et il faut l’avouer, j’aime internet et par extension, les réseaux sociaux. J’aime lire et partager avec une communauté sur ce support.
Bref, après une overdose de tracking, j’ai décidé de stopper là.
J’ai cherché d’autres réseaux sociaux, plus propres. Sans tracking, sans pub et tout le reste. Un réseau où celui qui tient les rênes ne se fout pas de ma gueule. Et j’ai trouvé.

Alors j’ai sauté le pas.
Je suis retourné sur facebook une dernière fois. J’ai changé d’adresse mail, changé mon mot de passe, et j’ai supprimé l’adresse mail. Ainsi, même si la tentation revient, il m’est impossible de revenir en arrière. Car, évidemment, votre compte n’est jamais supprimé.

Après avoir quitté facebook, j’ai senti comme une bouffé d’air.
Une sensation d’être libéré d’un poids. Seul Twitter (on y reviendra) a réussi à me garder inscrit.

La nouvelle aventure !

Me voici donc sur un nouveau réseau : Diaspora.
Quelle est donc la différence avec facebook ? Diaspora est décentralisé. Il n’appartient pas à une entreprise mais à plusieurs utilisateurs.
En gros, je peux choisir d’installer Diaspora à la maison sur mon serveur Raspberry Pi par exemple. Celui ci communiquera avec les autres serveurs afin d’échanger librement nos déboires. Imaginez une toile d’araignée où chaque nœuds de la toile représente un serveur avec Diaspora d’installé dessus.
Les données sont chez moi et j’en fais ce que je veux.
Actuellement, j’utilise le serveur de Fla. Mes données se trouvent donc sur son serveur. En cas de panne de son serveur, le réseau Diaspora continuera de tourner. Ainsi, les autres utilisateurs ne seront pas affectés par cette panne.
La censure y est également difficile car pour fermer le réseau Diaspora, il faut que l’intégralité des serveurs ferment. Opération quasi impossible…
J’ai retrouvé un certain nombre de connaissance que j’ai réussi à faire migrer dessus. Malheureusement avec le temps, force est de constater que la plupart sont repartis sur facebook (pas tous !). Je ne peux pas trop leur en vouloir, le nombre d’utilisateur sur Diaspora est drastiquement moins élevé que sur facebook. Toutefois, j’ai trouvé ce que je cherchais !
Un réseau social propre ! Pas de filtrage, pas de censure, pas de tracking, pas de pub et un réseau décentralisé. Magnifique.

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Le fait de ne pas retrouver des gens que je connais dans la vie de tous les jours ne m’a pas dérangé plus que ça, bien au contraire ! J’y ai trouvé des gens qui partagent des idées sensiblement identiques aux miennes. Le monde du libre pour commencer, mais également tout un tas de sujets diversifiés autour d’une éthique. J’y rencontre donc des gens qui discutent de science, de nourriture, technologie, de consommation etc. La plupart des utilisateurs sont prêts à lire des commentaires qui font plus de 3 lignes. Le nombre d’utilisateur grimpent toujours petits à petits et ce rythme me convient très bien.

J’ai aussi essayé d’autres réseaux sociaux comme Twister. Une alternative libre à Twitter basé sur le P2P. Un réseau difficilement censurable. Toutefois, la technique pour le mettre en place rebutera plus d’une personne et le réseau est (de mon point de vue) voué à l’échec de nos jours (pour le grand public). Le grand public est fainéant, il (nous) souhaite des outils faciles à utiliser, sans avoir besoin de chercher plus que ça pour les comprendre.
Il y en a eu bien d’autres mais je ne vais pas tous les énumérer.

Dernièrement, un réseau social est en train de percer comme jamais je n’avais vu : Mastodon.
Un clone de twitter libre et décentraliser. Clairement, de mon coté, c’est adopté (et je crois ne pas être le seul ;p)
On peut noter que pas mal de personnes assez « populaires » s’y sont déjà inscrites ainsi que certains médias (Antoine Daniel, Numerama, DirtyBiology, DanyCaligula, Mediapart, Korben, LeMonde, HuffingtonPost, FrAndroid etc). Le nombre d’utilisateur inscrit est juste hallucinant chaque jours.
Bref, je ne m’attarderai pas plus sur Mastodon ici, j’en ferai un article prochainement mais clairement, Mastodon est en train de décoller en flèche ! Numendil en a fait un très bon article à lire ici. Vous y retrouverez une superbe grande communauté de gamers, de geeks, d’hackers, journalistes, etc…
Un conseil, choisissez une instance et rejoignez nous 😉
Ou mieux, faites votre propre instance !
chemlatwister

Un rétropédalage forcé ?

Revenons à notre bon vieux Facebook. J’ai récemment refait un compte (pas taper).
Pourquoi ? Simplement car j’ai certains contacts étrangers que je peux difficilement contacter autrement que par ce satané réseau et qu’il m’est difficile de « zapper ».
40 contacts. Le strict minimum quoi, dont 70% d’étrangers.
Je refuse les invitations de mes amis réels.
Je pourrai opter par des contacts uniquement par mail cependant les mails sont devenus difficiles à utiliser pour certains et tout le monde n’utilise pas XMPP ou IRC. Facebook est devenu pour beaucoup l’équivalent du mail (arf).
Je m’y connecte toujours par Tor en utilisant l’adresse adéquate https://www.facebookcorewwwi.onion/ (inutile de cliquer si tu n’utilises pas Tor)
Lorsque des gens viennent me parler sur le tchat, je les réoriente en général sur Cryptocat ou sur Jabber/XMPP. Si on veux faire du visuel, je réoriente sur Framatalk, un équivalent libre à Skype qui tourne plutôt bien :p  (Merci Framasoft !).
Je prévois de partir au Japon d’ici peu. J’installerai donc Messenger sur le tel provisoirement pour le supprimer une fois le voyage effectué. Messenger étant le moyen le plus simple de converser avec mes amis sur place…
Pour info, j’ai fait le test :
Messagerie XMPP sur le tel = 4 jours de batterie.
Messenger sur le tel : 3 à 4h maxi. Et SANS RIEN FAIRE !
Quand je dis que facebook épie tout ce que vous faites, ce n’est pas un mensonge 🙂

Aujourd’hui les USA ont voté une petite chose. Oh, rien de grave, juste l’autorisation aux FAI de vendre l’intégralité des données personnelles. Bref, vous utilisez un service américain ? Eh bien vous n’avez plus aucun droit sur vos données. AUCUN. Comme si la surveillance et le Big Data n’étaient déjà pas assez développés.

C’est donc avec un grand plaisir que je vois des alternatives comme Diaspora ou Mastodon prendre du large. Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de repenser à notre utilisation des réseaux sociaux.

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6 réflexions sur « De l’importance de choisir son réseau social : décentralisé, libre et éthique au passage »

  1. Je ne crois pas du tout que facebook aura des problèmes et que diaspora ou mastodon remplacera.

    Choisir son … réseau social. On peut être dans plusieurs.

  2. Il y a, j’ai l’impression, un tournant actuellement dans les réseaux sociaux et leurs utilisateurs. Il me semble que facebook n’est plus en progression. Moi j’ai quitte depuis longtemps. Je suis sur Diaspora mais je participe peu au final. Par contre, je constate que Mastodon me donne envie de communiquer avec les autres. Et en soit c’est une réussite.

    1. Content que Mastodon te donne envie de communiquer :p Pour le moment, c’est un réseau agréable. J’espère que ça le restera le plus longtemps possible. Après, on vieilli. La jeune génération a bien compris que facebook sera scruté par leur futur employeur, il reste un gros boulot à faire. Il y a une petite prise de conscience mais c’est naturel (enfin je crois). On apprend directement sur le tas.
      Les gens n’ont pas de recul sur les technologies tout simplement car c’est arrivé trop vite dans nos vies.
      Avec les IoT ça va être le désastre… Mais une fois que tout le monde se sera fait voler sa voiture ou que la serrure connecté de la maison aura été victime d’un hack massif, peut être prendront ils conscience du phénomène et de son implication dans notre vie (vie privée, sécurité etc). Bref, ça viendra, mais il va falloir vachement de temps. Et c’est pas BFMTV qui va nous aider :p

  3. Moi aussi j’ai bien été à la ramasse quand les réseaux sociaux ont commencé à exploser avec Facebook, principalement sur le smartphone. C’était assez fascinant, reconnaissons-le. Donc on ne voit pas tout de suite le modèle économique derrière: je te donne un outil gratuit, facile à utiliser, et en échange tu me sers sur un plateau toutes tes données personnelles. Mais à un moment la prise de conscience intervient sur les questions de surveillance de masse. Les lanceurs d’alerte ont joué un rôle énorme sur ce point auprès du grand-public, merci Snowden. Et aussi merci Julian Assange, qui s’en est fait le porte-voix.
    ps: je suis sur Mastodon aussi ☺

    1. Merci pour le témoignage. Je pense qu’on est beaucoup dans ce cas là. De mon coté, le travail de Reflets.info sur la surveillance de masse que développe des entreprises comme Amesys ou Qosmos (pour ne citer qu’elle) m’a complètement « réveiller ».
      On a malheureusement pas eu de recul ni d’éducation sur ces outils. Ça fait plaisir de voir aujourd’hui que ça change 😉
      Et bienvenue sur Mastodon ! 🙂

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